Sensibilisation au diabète : L'importance de mesures fiables face à l'approximation
Chaque année, le 14 novembre, la Journée mondiale du diabète offre l'opportunité de sensibiliser la population aux risques de cette maladie chronique. Toutefois, cet engagement envers la prévention doit être accompagné de mesures précises et rigoureuses pour être véritablement efficace. Dans un événement récent à Tunis, la mesure du taux de glucose sanguin a été réalisée de manière inappropriée, rendant les résultats potentiellement erronés et trompeurs. Cet incident souligne la nécessité urgente d'une organisation plus sérieuse et de protocoles de dépistage rigoureux, afin d'éviter la propagation de données biaisées et d'assurer une prévention réellement bénéfique pour la santé des Tunisiens.
L’événement de dépistage du diabète,
organisé devant la gare de Tunis, illustre les faiblesses organisationnelles
récurrentes dans les initiatives de santé publique. Les participants, invités à
mesurer leur glycémie, ont pour la plupart effectué le test après avoir pris
leur petit-déjeuner. Or, il est essentiel de réaliser ce test à jeun pour
obtenir des résultats fiables. En négligeant cette règle fondamentale, les
résultats des tests sont faussés, ce qui peut entraîner des erreurs de
diagnostic et des décisions médicales inappropriées.
Un dépistage bien réalisé nécessite
des protocoles clairs, et une communication précise avant et pendant
l'événement. De nombreuses initiatives de sensibilisation au diabète souffrent
du même problème : des actions mal encadrées, mal expliquées et parfois mal
supervisées. Le manque de rigueur dans la préparation de ces événements
compromet leur efficacité et réduit leur impact. Ainsi, au lieu de renforcer la
confiance du public dans les actions de prévention, ces événements risquent de
produire des résultats qui ne reflètent pas la réalité de la santé de la
population.
Cette situation est symptomatique
d'une culture de l'approximation, où la précipitation et le manque de
professionnalisme prennent le pas sur l'exigence de rigueur. Cette tendance
n'est pas propre à la santé publique, mais se manifeste également dans d'autres
secteurs. Elle conduit à des gaspillages de ressources, à une inefficacité des
politiques publiques et à une perte de crédibilité envers les institutions. La
confiance de la population est essentielle pour toute politique de santé
publique. Or, lorsqu'une initiative importante comme le dépistage du diabète
est mal menée, elle exacerbe le sentiment d'impuissance face à un système qui
semble ne pas faire face aux enjeux de santé.
Pour que les actions de
sensibilisation soient réellement efficaces, il est primordial de mettre en
place des protocoles stricts et d'informer clairement les citoyens des bonnes
pratiques à adopter. Une campagne de communication efficace pourrait rappeler
l’importance de réaliser le test à jeun et fournir des informations détaillées
sur le déroulement de l’événement.
En conclusion, le dépistage du diabète devant la gare de Tunis n’est qu’un
exemple parmi tant d’autres des lacunes organisationnelles dans la gestion de
la santé publique en Tunisie. Ces erreurs, qu’elles soient logistiques ou liées
à un manque de rigueur dans les protocoles, ne doivent pas devenir la norme.
Elles compromettent non seulement l’efficacité des actions de prévention, mais
aussi la confiance des citoyens dans les institutions de santé. Il est
impératif d’adopter une approche plus sérieuse, fondée sur des protocoles
précis et une supervision professionnelle. Une meilleure organisation permettra
de garantir des résultats fiables, d’éviter des erreurs médicales et, surtout,
de renforcer l’impact des initiatives de prévention, telles que la lutte contre
le diabète, pour améliorer la santé des Tunisiens.
Mustapha STAMBOULI, Ingénieur ENIT/EPFL à la retraite et ancien Expert auprès des
agences des Nations Unies
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