Lettre ouverte : Cri d’alarme pour le sauvetage de la CNAM : Le droit à la santé des Tunisiens ne peut plus attendre
Citoyennes et citoyens, nous ne pouvons plus tolérer l’effondrement programmé de la CNAM et l’érosion accélérée de notre droit élémentaire à la santé. Il est temps d’acter une rupture sans compromis avec des pratiques qui ont vidé nos garanties collectives de leur substance. Cette lettre, adressée à vous tous : le peuple tunisien d’abord, puis le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République, appelle à une réforme immédiate et ambitieuse afin que chaque Tunisien puisse accéder à des soins de qualité, sans être étranglé par des dettes, des délais insupportables et des mécanismes de financement défaillants.
Introduction
L’année 2025
s’achève dans une prise de conscience brutale : le système d’assurance maladie
tunisien, pilier de la protection sociale, est au bord de l’effondrement. La
CNAM, chargée de veiller à la santé de 7,2 millions de bénéficiaires, est
enlisée dans une dette croisée de près de 4 milliards de dinars et dans une
gestion devenue invivable. Les conséquences ne sont pas abstraites : restes à
charge qui explosent face à l’inflation médicale, délais de remboursement qui
pénalisent le droit fondamental à se soigner, et surtout une détérioration
criante du quotidien des familles les plus modestes. Cette lettre ne se
contente pas de constater : elle ordonne une rupture immédiate et sans appel,
fondée sur une autonomie financière absolue, une digitalisation totale et une
souveraineté pharmaceutique qui remette enfin la santé au-dessus des chiffres
et des logiques partisanes.
L’urgence
est désormais évidente : alors que nous tirons l’année 2025, la réalité frappe durement
:
- Financement asphyxié : près de 4
milliards de dinars de dettes croisées des autres caisses envers la CNAM
bloquent le système. Comment prétendre soigner 7,2 millions de
bénéficiaires lorsque l’argent des travailleurs est détourné pour combler
des trous budgétaires d’autres administrations ?
- Reste à charge insupportable :
plafond annuel de base à 450 DT, insuffisant face à l’inflation médicale.
En 2025, une simple consultation spécialisée et un bilan biologique de
base absorbent déjà 25 % de ce budget annuel.
- Hémorragie des délais : des
remboursements qui dépassent 60 jours dans plusieurs régions ; des
familles précaires qui renoncent aux soins par manque de moyens.
Nous exigeons une restructuration immédiate autour de trois mesures de rupture :
• Autonomie financière totale : la part maladie des cotisations (6,75 %) doit
être versée directement à la CNAM. Les soins de santé ne doivent plus servir
d’outil d’ajustement des déficits des caisses de retraite.
• Digitalisation de combat : passage à 100 % des feuilles de soins
électroniques via la carte Labess, imposé sous 6 mois à tous les prestataires.
Le papier est une imposture coûteuse qui ruine l’efficacité du système.
• Souveraineté pharmaceutique : remboursement préférentiel des médicaments
génériques pour réduire la facture nationale de santé d’au moins 15 %,
réorientant ces fonds vers l’augmentation des plafonds de soins des assurés.
Chaque jour
de retard dans cette réforme est un jour où un citoyen tunisien renonce à se
soigner par manque de moyens. La santé n’est pas un coût : c’est un
investissement dans la stabilité, la dignité et la souveraineté de notre
nation. Il est temps de passer d’une gestion de crise à une vision de santé
publique digne de la Tunisie de 2025, et d’imposer une véritable rupture avec
les pratiques qui nous ont menés à ce point.
Conclusion
Cette
réforme n’est pas un simple ajustement technique ; c’est un réaménagement
fondamental de notre modèle de protection sociale. En reconnaissant la santé
comme un droit constant et non comme un coût temporaire, nous posons les bases
d’une Tunisie libre, digne et résiliente. Les trois mesures de rupture, autonomie
financière, digitalisation accélérée et remboursement préférentiel des
génériques, ne sont pas des options marginales, mais le socle obligatoire pour
restaurer la confiance, accélérer les parcours de soins et réallouer les
ressources vers l’augmentation des plafonds de soins. Chaque jour sans réforme
est un pas vers l’asservissement par le manque ; chaque jour de mise en œuvre
est une victoire vers une santé publique digne de la Tunisie de 2025 et
au-delà. Nous appelons donc à une action coordonnée, sans compromission,
transparente et déterminée, afin que la CNAM redevienne le levier de notre paix
sociale et de notre prospérité, et que l’ensemble de la population soit enfin
maître de son droit à la santé.
Mustapha STAMBOULI, 29/12/2025
Ingénieur ENIT/EPFL à la retraite
Ancien Expert auprès des agences des Nations Unies
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