Lettre ouverte au Peuple Tunisien : Pour un Pacte de Dignité et de Justice
Découvrez notre proposition pour un Ratio de Dignité de 1 à 10, une mesure audacieuse pour réduire les inégalités et garantir un avenir équitable pour tous.
La Tunisie
se trouve aujourd'hui à la croisée des chemins. Nous parlons de démocratie, de
relance économique et de réformes, mais nous oublions souvent le pilier central
de toute nation forte : la Justice Sociale.
Comment
pouvons-nous construire un avenir commun lorsque l’écart entre ceux qui créent
la richesse et ceux qui la dirigent ne cesse de se creuser ? Peut-on réellement
parler de dignité (Karama) quand un travailleur au SMIG doit lutter
chaque jour pour sa survie, alors que d’autres perçoivent en un mois ce que ce
travailleur mettrait des années à gagner ?
Nous
affirmons aujourd'hui un principe simple mais sacré : nul Tunisien ne vaut dix
fois plus qu'un autre au sein de la même entreprise.
Nous
proposons d'inscrire dans notre Constitution un Ratio de Dignité de 1 à
10.
Pourquoi
cette limite ?
Ce n'est pas
une punition contre le succès, c'est une célébration de la solidarité. En liant
le salaire le plus haut au salaire le plus bas, nous créons un destin commun :
- L'ascenseur pour tous : Si un dirigeant souhaite
augmenter sa rémunération, il devra obligatoirement revaloriser celle de
ses employés les plus modestes.
- La fin du mépris : Cette mesure reconnaît que
le succès d'une entreprise est une œuvre collective. Sans l'ouvrier, sans
le technicien, sans l'employé de service, le sommet ne peut exister.
- La vraie valeur du talent : On nous dira que "les
talents partiront". Nous répondons que le plus grand talent de la
Tunisie est sa jeunesse, sa résilience et son sens de la justice. Ceux qui
ne voient en notre pays qu'un terrain de profit personnel sans limite ne
sont pas les bâtisseurs dont nous avons besoin.
L'État
comme Premier Bâtisseur de l'Équité
Mais pour
que ce pacte soit sincère, l’État doit être le premier à montrer le chemin. Il
ne peut exiger du secteur privé ce qu’il refuse de s’appliquer à lui-même.
Nous
demandons que l'État tunisien donne l'exemple immédiatement :
- Dans les administrations et les
entreprises publiques : Aucun dirigeant de nos banques nationales, de
nos offices ou de nos grandes industries d'État ne pourra percevoir plus
de dix fois le salaire minimum en vigueur.
- La fin des privilèges opaques
: La transparence totale doit devenir la règle. L'argent public est
le fruit du labeur de chaque Tunisien ; il doit servir à réduire les
écarts, pas à nourrir des disparités indécentes.
En
commençant par ses propres structures, l'État prouvera que la dignité n'est pas
une contrainte économique, mais une volonté politique. Si l'État montre que la
réussite est possible dans le respect de l'équité, alors le secteur privé
n'aura plus d'excuses pour s'y soustraire.
Un choix
de civilisation
Inscrire ce
ratio dans notre Loi Fondamentale, c'est dire au monde que la Tunisie refuse
d'être une société de castes. C'est dire que chez nous, l'économie est au
service de l'homme, et non l'inverse.
La dignité
n'est pas un slogan. C'est un chiffre, c'est un salaire, c'est la garantie que
chaque Tunisien peut vivre debout, fier de son travail, dans une nation qui le
respecte.
Il est
temps de graver l'équité dans le marbre de notre Constitution.
Pour la
dignité, pour la justice, pour la Tunisie.
Mustapha
STAMBOULI, 11/02/2026
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