Crédit à 0 % : Solidarité nationale ou résurgence d’un populisme économique ?

 

CHAPÔ : Alors que la Tunisie traverse une zone de turbulences financières, l’annonce d’une ligne de crédit de 10 000 dinars sans intérêts ni garanties ravive le débat sur la gestion des deniers publics. Entre ambition sociale et risque de gaspillage, cette mesure semble exhumer les recettes contestées de l'ère Bourguiba-Mzali. Analyse d'un pari politique où l'argent du contribuable est en première ligne.

« L’État ne donne rien : il redistribue ou il gaspille. Ici, c'est le capital de la Nation qui est en jeu. »

Le fantôme du « socialisme » de Mohamed Mzali
Pour comprendre les doutes actuels, il faut remonter aux années 1980. Sous l’ère Bourguiba, le gouvernement de Mohamed Mzali avait instauré des mécanismes de financement « populaires » pour désamorcer la bombe sociale. Le constat historique est sans appel : perçus comme des « dons de l'État », ces crédits ont affiché des taux de recouvrement dérisoires. En reproduisant aujourd'hui ce schéma sans garanties, le risque est de réactiver ce réflexe de « l'argent facile » qui a tant coûté au contribuable.

L’argent du peuple n’est pas une subvention anonyme
Il faut le rappeler : l'État n'a pas d'argent propre, il gère celui des citoyens. Transformer une banque en guichet social sans rigueur de recouvrement porte atteinte au contrat social. Chaque dinar qui ne revient pas dans les caisses est un dinar qui ne pourra pas être réinvesti dans la santé ou l'éducation.

Focus Technique : Le piège de l’inflation
Avec une inflation à deux chiffres, 10 000 DT remboursés dans 6 ans vaudront 30 à 40 % de moins en pouvoir d'achat. L'État accepte donc, dès le départ, une perte de capital certaine pour le Trésor Public.

Conclusion : La transparence comme seul garde-fou
La réussite de ce programme ne se mesurera pas au nombre de chèques distribués en 2026, mais au bilan comptable de la BTS Bank en 2032. Sans une obligation de résultats, cette mesure risque de n'être qu'un simple gaspillage des ressources nationales.

« Le crédit à 0 % est une promesse pour celui qui reçoit, mais une facture silencieuse pour celui qui travaille. »

Mustapha STAMBOULI

 

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