Pour un calendrier rationnel : En finir avec le gâchis des jours chômés en Tunisie
Cette citation est Inspirée de la pensée de Jean Jaurès sur la valeur du travail.
Dans une économie tunisienne en quête de souffle, le maintien d'un calendrier jalonné d'environ 15 jours fériés officiels (et près d'une vingtaine de jours d'inactivité réelle en comptant les fêtes étendues) n'est plus un simple héritage : c'est une aberration productive. Si célébrer nos racines est légitime, l’arrêt systématique du travail est un luxe que nous ne pouvons plus nous offrir.
Le constat d’un gâchis national
Chaque jour férié supplémentaire agit comme une hémorragie
silencieuse sur notre PIB. Selon des estimations économiques, la suppression de
seulement deux jours fériés pourrait générer un gain de production massif,
chiffré en milliards d'euros dans des économies comparables. En Tunisie, le
gâchis est flagrant :
- Paralysie
administrative : Chaque coupure accumule des dossiers en retard,
décourageant l'investissement.
- Rupture
industrielle : L'arrêt des flux fragilise nos exportations dans un monde
qui ne s'arrête jamais.
- Culture
de l'inaction : En multipliant les pauses imposées, on valorise la
passivité au détriment de l'effort national.
Les leçons du modèle international
Le succès des nations les plus compétitives repose souvent
sur un calendrier de jours chômés très réduit :
- La
Suisse et le Viêt Nam : Ces pays ne comptent que 5 à 6 jours fériés par
an, privilégiant une continuité opérationnelle maximale.
- Les
Pays-Bas et l'Allemagne : Avec seulement 8 ou 9 jours, ces économies
maintiennent une productivité parmi les plus hautes au monde.
- La
flexibilité scandinave : En Suède, si les jours fériés existent, le modèle
repose sur la flexibilité. Les salariés peuvent souvent moduler leur temps
de travail pour honorer leurs traditions sans paralyser l'entreprise.
Le modèle du « Carré de l’Efficacité »
Face à ce constat, une réforme audacieuse s'impose : réduire
l'arrêt total du travail à seulement quatre jours piliers (deux civils et deux
religieux). Ce resserrement permettrait de stabiliser la croissance tout en
garantissant la continuité des services essentiels.
Pour toutes les autres festivités, la règle doit être la flexibilité.
Célébrer n’impose pas de fermer les bureaux. En privilégiant des modalités
souples, comme cela se pratique dans les entreprises les plus modernes, la
Tunisie transformerait des journées de "vide" en opportunités de
croissance. Il est temps de faire de la productivité le moteur réel de notre
ambition nationale.
Conclusion : Vers un pacte de performance
citoyenne
La refonte de notre calendrier ne doit pas être perçue comme
une remise en cause de nos identités, mais comme un pacte de performance passé
entre la nation et son avenir. En passant d'un repos subi à une célébration
choisie, nous sortons de l'immobilisme pour entrer dans l'ère de la
responsabilité.
La mise en œuvre de ce « Carré de l'Efficacité »
pourrait s'accompagner d'une transition intelligente : transformer les anciens
jours fériés supprimés en crédits de flexibilité pour les travailleurs. Ainsi,
chacun resterait libre de s'absenter pour ses convictions personnelles, mais
sans que l'ensemble de la machine nationale ne doive s'arrêter.
Réformer nos rythmes, c'est envoyer un signal fort aux
partenaires internationaux et aux investisseurs : la Tunisie est une nation qui
respecte ses traditions, mais qui chérit par-dessus tout le travail et le
progrès. Il est temps de comprendre que le plus bel hommage que nous puissions
rendre à notre histoire n'est pas de cesser de produire, mais de construire,
chaque jour, la prospérité de demain.
« La véritable indépendance ne se fête pas dans
l'inaction des jours chômés, elle se prouve chaque jour par la force de notre
production et la continuité de notre effort. »
Mustapha STAMBOULI, 01/05/2026
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