Pour une refonte stratégique du Plan de Développement et du rôle de l'État dans l'économie
Introduction
L'efficacité de l'action publique ne se mesure plus à la
quantité des investissements de l'État, mais à leur pertinence. Alors que les
marges de manœuvre budgétaires s'amenuisent sous le poids d'un endettement
croissant, les modèles traditionnels de planification économique montrent leurs
limites. Pour maximiser l'impact des politiques publiques, il devient urgent de
concilier la réalité du terrain avec une vision macroéconomique modernisée.
Cette transformation repose sur deux piliers majeurs : un réalisme temporel
accru et un désengagement stratégique de l'État au profit du secteur privé.
Le réalisme du calendrier : passer au Plan «
2027-2030 »
Le premier changement indispensable est d'ordre
chronologique. Il convient de renommer le Plan de Développement « 2027-2030 »
au lieu de « 2026-2030 ». Loin d'être une simple correction administrative,
cette proposition repose sur un constat pragmatique issu de l'expérience des
cycles antérieurs.
La mobilisation des financements, qu'ils proviennent des
partenaires techniques, du budget national ou du secteur privé, ainsi que le
lancement effectif des activités requièrent systématiquement un délai d'au
moins une année. Caler la dénomination sur la réalité du calendrier évite
l'écueil d'une programmation déconnectée des faits et renforce immédiatement la
crédibilité du document auprès des parties prenantes.
Redéfinir le périmètre de l'État : le recentrage
régalien
Au-delà du calendrier, la question fondamentale du périmètre
d'intervention de l'État doit être posée. Dans le contexte budgétaire actuel,
l'État doit cesser d'investir là où le secteur privé national est mûr et
capable d'agir. Des filières clés ont aujourd'hui atteint une maturité
suffisante pour être confiées à l'initiative privée :
- L'agro-industrie
- Les
infrastructures numériques
- L'énergie
solaire
- Le
transport urbain
Cette réorientation stratégique permettrait à la puissance
publique de se recentrer sur ses missions régaliennes exclusives : la sécurité,
la justice, la diplomatie et la défense. L'État endosserait alors pleinement
son rôle de régulateur en définissant les règles du jeu et en garantissant un
environnement des affaires sain et prévisible.
Ce désengagement ne doit pas être un abandon, mais une
transition accompagnée. Pour que le secteur privé prenne le relais avec succès,
l'État doit impérativement déployer des mécanismes d'incitation ciblés :
- Crédits
d'impôt pour les investissements prioritaires
- Exonérations
temporaires de charges
- Fonds
de garantie dédiés aux PME
- Assouplissement
des conditions de prêts bancaires
L'objectif final est d'enclencher un cercle vertueux. En
allégeant le fardeau fiscal et en fluidifiant le financement, on stimule
l'investissement privé. Cet investissement génère de la croissance et de
l'emploi, ce qui élargit l'assiette fiscale. À terme, l'État retrouve des
marges budgétaires sans avoir à augmenter la pression fiscale globale.
Conclusion
Ajuster le calendrier du Plan de Développement et redéfinir
le rôle de l'État constituent une feuille de route cohérente pour une
gouvernance publique plus sobre et plus efficace. Cette démarche ne remet pas
en cause la nécessité d'une planification étatique. Elle en appelle simplement
à un plan plus réaliste dans ses délais et plus modeste dans ses ambitions,
redonnant au secteur privé la place qui lui revient de droit dans une économie
moderne.
Mustapha STAMBOULI, 02/07/2026
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