Grandeur ou destruction : la leçon que les « faux politiciens » refusent d'apprendre
Parce que le cynisme électoral et les attaques ad hominem ont fini par saturer l'espace public, il devient urgent de redéfinir la notion même de réussite. Une maxime populaire met en lumière le fossé qui sépare la véritable stature d'un homme d'État des basses manœuvres des opportunistes.
Introduction
Dans le tumulte incessant de l'arène publique, une vérité essentielle semble s'être dissoute sous le poids des calculs électoraux : la politique devrait être l'art d'élever une nation, non celui d'écraser ses rivaux.
Une citation anonyme rappelle avec force une règle de vie
universelle, qui sonne aujourd’hui comme un réquisitoire contre une certaine
classe politique : « On peut réussir sans faire échouer quelqu'un
d'autre, on peut être grand sans avoir à faire ressentir aux autres qu'ils sont
petits et on peut s'élever sans avoir à rabaisser les autres. » Pour les
professionnels du cynisme, ces mots passeront pour de la naïveté. Pour le
citoyen désabusé, ils définissent précisément la frontière entre l'authenticité
et l'imposture politique.
Le naufrage de la politique par le vide
Le faux politicien se reconnaît à un symptôme clinique : il
est incapable d’exister par lui-même. Faute de vision à long terme, de
programme solide ou de conviction profonde, sa seule stratégie de survie
consiste à orchestrer l’échec d'autrui. Le débat d'idées est ainsi
systématiquement troqué contre le spectacle de la démolition personnelle, de la
caricature et du scandale permanent.
Pourtant, la véritable réussite en politique ne devrait pas
se mesurer au nombre de cadavres laissés sur le bas-côté. Un projet de société
puissant convainc par sa propre clarté et sa capacité à répondre aux crises de
son époque, sans avoir besoin de se nourrir exclusivement des faiblesses du
camp d'en face.
L'illusion de la grandeur par le mépris
Pour masquer leur propre petitesse, les apprentis machiavels
usent et abusent d'un pouvoir vertical et infantilisant. Ils cherchent à
paraître « grands » en s'assurant que les citoyens se sentent petits,
impuissants ou ignorants. C’est la politique de la domination par la peur ou le
mépris de classe.
Or, l'histoire a maintes fois prouvé que la vraie grandeur
politique réside dans l'inspiration et non dans la soumission. Les figures qui
marquent positivement les mémoires sont celles qui élèvent le niveau de
conscience collective, qui redonnent de la dignité au peuple et qui stimulent
l'intelligence commune. Un leader authentique ne regarde pas les autres de haut
; il leur tend la main pour les aider à se tenir debout.
Diviser pour régner : le piège de la polarisation
Le dernier refuge du politicien sans envergure est la
division. Pour s'élever sur l'échiquier du pouvoir, il choisit la voie de la
facilité : polariser la société, opposer les communautés, stigmatiser des
minorités ou désigner des boucs émissaires. C'est l'art de s'élever en
rabaissant une partie de ses propres concitoyens.
Cette ascension-là est une imposture. Un pays ne s’élève
jamais en se fracturant. Le véritable courage politique consiste à bâtir des
ponts là où les opportunistes creusent des fossés, et à rechercher le bien
commun plutôt que le gain partisan immédiat.
Le temps du sursaut
La médiocrité érigée en stratégie politique a un coût : la
crise de confiance démocratique majeure que nous traversons. Il est temps de
rappeler à ceux qui nous gouvernent – ou aspirent à le faire – que le pouvoir
n’est pas un jeu à somme nulle où la destruction de l’autre est un prérequis.
La politique retrouvera ses lettres de noblesse le jour où
les urnes récompenseront l’élévation mutuelle plutôt que l'écrasement
systématique. En attendant, cette leçon reste suspendue au-dessus de la tête
des faux politiciens, comme le miroir de leur propre vacuité.
Mustapha STAMBOULI, 11/09/2026

Commentaires
Enregistrer un commentaire